Entretien du président du CORCAS à l'hebdomadaire "La Vérité" 1
Le Président du Conseil Royal Consultatif des affaires sahariennes (CORCAS), M. Khalihenna Ould Errachid, a affirmé, dans un entretien accordé le 28 avril à l'hebdomadaire "La Vérité", que l'autonomie que propose le Royaume pour les provinces du sud "préservera essentiellement les intérêts et les spécificités marocaines", ajoutant toutefois que ceci "ne nous empêche pas de nous inspirer des expériences existantes de par le monde".
"Le passage du président du Conseil royal consultatif pour les affaires Sahariennes (CORCAS) a donné lieu à divers commentaires, qui ne lui ont pas tous été favorables.
Certains sont allés jusqu'à reprocher à Khalihenna Ould Errachid une certaine proportion à l'enfermement. Et ce, dans la mesure où il a semblé exclure toute responsabilité d'Alger et son ingérence dans le dossier du Sahara. Notamment, en réduisant la problématique à un différend maroco-marocain.
En effet, on ne peut suivre le militant de la cause de la marocanité du Sahara K.Ould Errachid, qui fit partie des premières élites de la région à avoir rallié la mère patrie, lorsqu'il blanchit totalement l'Algérie.
Seulement, il faut se mettre dans la peau de quelqu'un qui a vécu la genèse du mouvement séparatiste.
On ne peut s'empêcher, dès lors, de relever que le côté marocain a manqué de pédagogie et de sens de l'écoute. On ne saurait être oublieux de cet épisode de la bastonnade à Tan Tan, à la suite d'une manifestation réclamant en 1973 la libération du Sahara marocain.
De guerre lasse, les jeunes militants d'origine sahraouie ont décidé de se redéployer autour d'un programme de libération qui ne trouvait guère anormal, au moment où la Libye et l'Algérie revendiquaient la paternité des mouvements de libérations de par le monde - de s'adresser à Alger et à Tripoli.
D'où le congrès de Attar (dans le nord de la Mauritanie) qui a abouti à la mise au point de la charte de 22 points, constituant le Polisario.
Ceci est intervenu dans le contexte des clivages que l'on sait, que ce soit sur le plan international marqué par la confrontation entre le bloc de l'Est et celui de l'Ouest, mais aussi régional et arabe qui, après le décès de Jamal Abdennasser, le legs nassérien a été récupéré par le jeune capitaine Kadhafi.
Ce dernier finançait à l'époque, publiquement, le mouvement IRA, voire qu'il déclara son soutien au coup d'Etat raté en 1971 contre la monarchie marocaine.
Ceci étant le décor. Maintenant, les choses ont changé et les propos de Khalihenna Ould Errachid, dans l'entretien qu'il a accordé à La Vérité, recadrent ses déclarations.
Le fondateur du parti de l'Union nationale sahraoui (PUNS) en 1974, précise sa vision. Le pourquoi et le comment de son approche.
Le président du CORCAS étonne et l'assume. Bien que ce ne soit pas son dessein, il décline ses idées et les défend.
L'homme qui était « dans » le dossier et qui a traversé ses évolutions depuis les années 70 semble privilégier le côté positif des choses. Pour lui, l'implication de l'Algérie n'est qu'une ramification d'un problème dont la genèse est intrinsèque au royaume.
Or, c'est cela le point d'inflexion que constitue, à ses yeux, le discours royal du 25 mars dernier. Plus encore, dans ce dossier, il va falloir parler d'un avant et d'un après 25 mars.
Reste à savoir comment les choses vont évoluer ? Le président du CORCAS exprime son optimisme dont il dit qu'il n'est pas naïf. De même qu'il nous développe sa vision sur le projet d'autonomie qui devra, aboutir, à clore définitivement ce dossier.
La Vérité: Votre passage sur le plateau de l'émission Hiwar de la première chaîne de télévision nationale n'a pas laissé indifférent. Quelle lecture faites-vous des réactions, notamment celles sur les colonnes des journaux, que cela a suscitées?
Khalihenna Ould Errachid : Franchement, je n'ai pas eu le temps de tout lire.
Toujours est-il que je suppose que les réactions relèvent certainement de tout ce qui a trait à aborder un discours nouveau. En effet, c'est une nouvelle politique que Sa Majesté a voulu développer pour le bien du Maroc.
LV : Quels en sont les contours ?
KOE : En bref, il s'agit d'un changement radical. En fait, le discours royal du 25 mars 2006 constitue un changement historique.
Le principe est qu'on a décidé de faire les choses autrement pour en finir une bonne fois pour toutes avec le dossier du Sahara.
Mais, d'une manière beaucoup plus intelligente, dans le sens où il ne s'agit pas d'une manœuvre politique, encore moins d'une tactique ou d'une stratégie.
Le discours de Sa Majesté est l'expression d’une volonté royale d'amener à la réconciliation totale, globale et générale de l'administration avec les Sahraouis.
LV : Donc, un changement d'approche…
KOE : Ce n'est pas une approche. C'est une nouvelle politique dans tous les sens du terme. En fait, une approche, par essence, découle du momentané.
Elle est, pour ainsi dire, limitée dans le temps, puisque censée résoudre une situation conjoncturelle. Non, c'est une nouvelle politique que Sa Majesté a inaugurée à Laâyoune.
Le Souverain a ouvert la voie historique pour la réconciliation définitive, avant de résoudre quoi que ce soit.
Il a mis les bases de cette réconciliation et celle-ci va aboutir à la clôture de ce problème dans ses aspects politiques, économiques, sociaux et culturels. Dès lors, on ne peut pas parler d'approche.
C'est une nouvelle politique dont l'objectif essentiel est de résoudre le problème du Sahara, de renforcer l'unité pas uniquement territoriale, mais nationale du royaume et de créer un nouveau Maroc sur le plan de l'implication politique et de la participation de toute la population à la gestion politique et économique des affaires de l'Etat.
LV : Comment ceci pourra être décliné dans les faits ?
KOE : Le Conseil Royal a déjà entamé les démarches d'ordre pédagogie et d'explication.
Et l'amnistie royale des 46 Sahraouis donne la démonstration pratique sur cette voie de réconciliation, question d'en finir avec les problèmes concernant les droits de l'homme et ce qui en relève. Et tous les jours, il y aura un changement dans ce domaine-là comme dans d’autres.
En fait, c'est une politique qui ne va pas s'arrêter parce qu'il y a eu l'amnistie. Elle va se poursuivre en se déployant, petit à petit, pour arriver à l'objectif final qui n'est autre que de tourner la page de l'affaire du Sahara, que ce soit avec les Sahraouis au niveau national ou avec les voisins.
Et évidemment, il y aura un nouveau Maroc qui va naître, parce que appliquer l'autonomie au Sahara implique un nouveau Maroc.
LV : Vous faites preuve d'un grand optimisme…
KOE : Mon optimisme n'est pas naïf. C'est un optimisme qui est basé sur la confiance que les Sahraouis commencent à avoir. Or, c'est grâce à cette confiance que va émerger la solution. Parce que c'est justement le manque de confiance qui a créé et exacerbé le problème. Nous allons reconstruire cette confiance.
LV : Au niveau du CORCAS, comment entendez-vous vous y mettre ?
KOE : Nous nous sommes mis au travail dès le 25 mars même. Sur le terrain, c'est le contact avec la population. Nous sommes en communication permanente. Vous savez, les Sahraouis sont des vases communicants…
On communique tous azimuts. La crédibilité du Conseil Royal est d'amener les gens à adhérer massivement à la politique de Sa Majesté, au choix définitif, démocratique et transparent de l'autonomie pour résoudre le problème du Sahara et nous engager sur d'autres fronts.
LV : Pour la précision, qu'est-ce que vous mettez au juste dans le terme «autonomie», par rapport aux expériences déjà connues sous d'autres cieux…
KOE : Le Maroc est un royaume et les autonomies dont on parle sont celles qui marchent dans les pays démocratiques.
Je pense à l'Espagne, à l'Allemagne, à Italie, à la France ou à la Grande- Bretagne. Toujours est-il que nous n'allons pas copier un modèle déterminé, d'autant plus que chaque pays a ses particularités.
Elle sera une autonomie marocaine qui préservera essentiellement les intérêts et les spécifiés marocaines. Mais, ce qui ne nous empêche pas de nous inspirer des expériences existantes de par le monde.
LV : Comment imaginez-vous, en tant que président du CORCAS, mais aussi homme politique très impliqué dans le dossier, les contours de cette autonomie ?
KOE : Ecoutez, les contours de l'autonomie sont connues. Ce sont plutôt les détails qui restent à préciser.
Le Sahara va demeurer marocain dans son ensemble. Le premier symbole de souveraineté, ce sont les liens directs avec Sa Majesté, le garant de l'unité et des institutions, et le commandeur des croyants. Ceci relève du fondamental.
Deuxièmement, il y a tous les attributs de souveraineté. Maintenant, concernant, les détails, ils vont faire l'objet des discussions au cours des prochaines semaines au sein du Conseil.
Nous allons dès lors nous atteler à ficeler un projet qui soit conforme à la volonté royale, à ce que le Maroc veut faire.
Ce projet respectera toutes les spécificités du royaume. Il ne sera pas question de copier un quelconque modèle. Nous allons établir un projet qui préserve les intérêts fondamentaux du royaume et qui résout ce problème définitivement.
D'ailleurs, ce ne sera pas un projet uniquement limité au Maroc, mais il va révolutionner l'Afrique et les pays arabes et musulmans. D'autant qu'il n'y a jamais eu de précédent dans ce domaine-là. Cela va créer une jurisprudence au niveau du continent.
Sources : le site politique du Sahara occidental :
www.corcas.com
Voir aussi : Le portail du Sahara occidental :
www.sahara-online.net
Le site de la culture hassanie :
www.sahara-culture.com
Le site des villes du Sahara occidental :
www.sahara-villes.com
Le site du développement économique du Sahara occidental :
www.sahara-developpement.com
Le site social du Sahara occidental :
www.sahara-social.com
samedi 26 janvier 2008
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